EDUCATION : ERREURS, LIMITES et PERSPECTIVES…

 

Ce que vous vous apprêtez à lire n’est pas un article scientifique même comme le titre est totalement ringard, je sais. Voulez-vous vraiment aller au bout de cet article ? Vous voulez vraiment suivre un fou qui a volé vos habits et qui s’enfuit tout nu avec ceux-ci ? Vous voulez vraiment me suivre dans mon délire ? En tout cas je vous le déconseille fortement. Vous êtes encore là ? Hum… tant pis pour vous, on ne va pas dire que je ne vous avais pas prévenus.

Il paraît qu’on fête la « Sainte Education »ces temps à DCY. Pour l’occasion je ressors mon dictionnaire, histoire de voir ce qu’il dit à son sujet (« l’homme n’est rien sans son bord » disent-ils). L’éducation renvoie à l’enseignement des règles de conduite sociale et à la formation des facultés physiques, morales et intellectuelles qui président à la formation de la personnalité (Encarta, 2009). Je vous le concède cette définition est bien trop vague surtout quand plus loin le dit dictionnaire mentionne l’instruction en synonyme. Attendez que je guette encore mon bord… Instruction… «Ensemble de connaissances acquises, notamment au cours de la scolarité » Hum-hum… Nous l’avons notre première erreur/limite.

L’éducation ne se limite pas à l’instruction

Mieux, l’éducation ne se limite pas à la scolarisation bien qu’elle englobe cette dernière. J’entends dire : « les écoles, les enseignants, c’est eux les responsables ! Nous payons, qu’ils gèrent ». Eh ben c’est trop facile chers parents. Peut-être que ça vous aiderait de réviser avec vos enfants. Je ne parle pas d’une aide à la révision, mais d’une véritable révision. Lisez les dictionnaires que vous achetez à vos enfants. Je me dévoue pour l’occasion. Répétez après moi : L’éducation renvoie à l’enseignement des règles de conduite sociales et à la formation des facultés physiques, morales et intellectuelles qui président à la formation de la personnalité. Chacun a donc sa partition à jouer. Les parents sont interpellés sur au moins trois dimensions : la dimension sociale, la dimension morale et la dimension physique. J’ai dit « au moins ». En fait c’est vos enfants, c’est vous que ça regarde prioritairement. Les autres sont justes payés pour (essayer de) le faire. Ne leur demandez pas de décrocher la lune pour vous. Observez vos enfants, observez les signes, et apprenez à les interpréter de la manière la plus adéquate possible. Et puisqu’on parle d’observation, attendez que je vous dise autre chose…

L’instruction et l’éducation ne s’imposent PAS

Chers parents, merci pour tout ! Merci pour ces nuits (ou ces jours, qui sait ?!) de plaisir intense au bout desquelles des « mini vous » ont été conçus. Merci de ne pas vous être débarrassés  de ceux-ci, de ne pas avoir trouvé le moyen de le faire ou même d’avoir eu peur de le faire. Merci pour tous ces choix de vie. Maintenant, il faut que je vous rappelle les définitions du vocable « choix » : manière de sélectionner ; possibilité de faire une sélection ; ce qui a été sélectionné ; ensemble varié offert à la sélection.

Vous avez choisi de mener la vie que vous menez, vous avez choisi vos activités professionnelles, vous avez choisi de vous marier ou de rester célibataires, vous avez décidé d’avoir des enfants. Imposer des choix de vie à vos enfants c’est comme aller à l’encontre de l’instinct de survie. Vous ne pouvez pas vivre la vie de vos enfants par procuration. Vous pouvez penser ce que vous voulez mais même avec toute la volonté du monde vous ne pouvez pas vivre à la place de vos enfants ou même respirer à la place de ceux-ci. Tout  le monde (du nourrisson au vieillard) sait que s’il a le nez bouché, il doit respirer par la bouche.

Assumez vos rôles d’observateurs, de consultants et d’éclaireurs, vous ne pouvez pas faire mieux que ça. Vous ne devez donc pas choisir quelles études feront vos enfants, quelles carrières professionnelles ils auront, quand et avec qui ils se marieront ou s’ils auront des enfants ou pas. Ce n’est vraiment pas à vous de le faire. Ce que vous pouvez par contre faire c’est orienter vos enfants, les guider en fonction de leurs aptitudes et capacités intrinsèques que vous aurez préalablement observées. C’est à vous que revient la tâche de détecter le (s) type (s) d’intelligence les plus développés chez vos enfants et de les faire remonter vers leurs établissements scolaires et centres de formation. Selon Gardner, il en existe 09 : l’intelligence linguistique, l’intelligence logico-mathématique, l’intelligence corporelle-kinesthésique, l’intelligence spatiale, l’intelligence interpersonnelle, l’intelligence musicale, l’intelligence intra personnelle, l’intelligence naturaliste et l’intelligence existentielle (www.espritsciencemetaphysiques.com). Il ne sert donc à rien de vouloir que vos enfants deviennent des architectes quand ils ne sont doués que pour les langues ou la musique par exemple. Si vous vous entêtez, vous produirez des inadaptés sociaux qui ne veulent rien faire et qui n’attendent que d’être arrachés à la vie pour mettre un terme à leurs irréversibles frustrations.

Je sais que vous êtes tous en train de vous dire « celui-ci parle même de quoi ? Est-ce qu’il a même des enfants ici dehors » ?! Non je n’en ai pas, et je puis vous dire que pour le moment je n’en veux même pas (Allez dire !) et ce ne sont pas mes parents qui peuvent me faire changer d’avis. C’est moi et moi tout seul. La dernière fois que je me suis fait manipuler par un parent, j’avais 16 ans, et aujourd’hui encore j’en paie les frais. Ça n’arrivera plus !

Je vis désormais pour moi et je laisse les autres jouir de ce droit. Vous devriez essayer !

Idol Killer   

Nos Années Lycées

                Il arrive dans la vie de tout le monde ce jour, ce jour où ta mémoire retourne dans le passé, quand tu te retrouves avec un sourire idiot sur les lèvres sans savoir pourquoi, quand tu comprends enfin que les plus beaux moments de ta vie se sont passés dans les batiments de ce collège,  sur les bancs de ce lycée, dans le bureau de ce surveillant et parfois dans les cantines de cet établissement. Les plus belles rencontres, les plus violentes, les pires aussi, mais surtout le premier amour. L’éducation n’était pas seulement ce qui se passait sur les bancs et devant le tableau. Tout ceci aussi faisait partie de l’éducation, l’école de la vie.

                J’ai appris, de la 6e à la terminale, du théorème de pythagore à la poussée d’archimède, en passant par la première et la deuxième guerre mondiale, que la culture pouvait donner le pouvoir aux hommes, construire leur futur et faire d’eux les leaders de demain. Rester assis sur ses bancs à longueur de journée  à écouter ces professeurs, droles ou sévères, nous inculquer ces connaissances avec amour ou par obligation et faire de nous des savants aussi fous que certains grands noms de l’histoire.

                 J’ai compris en la regardant pour la première fois dans cette salle de classe, dans sa tenue blanche, qu’elle était l’amour de ma vie. Malgré ses 6 nattes obligatoires, elle était magnifique. C’était la première fois pour moi de ressentir une chose pareille, l’utopique premier amour, qui allait me coller sur le dos toute ma vie, car elle m’avait fait découvrir ce sentiment, et il allait revenir chaque fois que je la verrais.

                J’ai découvert les plus belles amitiés: de l’ami avec qui tu partages ta bouffe pendant les pauses, à celui avec qui tu mènes la danse pendant les moments de troubles collectifs, de cet ami avec qui tu procèdes aux échanges de réponses pendants les devoirs, à celui avec qui tu escalades pour fuir les cours quand vous avez mieux à faire. Mais aussi les pires amitiés: celle qui te forge le caractère, qui te poignarde dans le dos, crache sur ton aide et accumule les dettes envers toi, celle qui fini par faire de toi une personne amère.

                J’ai vu de mes propres yeux, les pires scandales, des relations entre les professeurs et les élèves en échange de quelques faveurs scolaires, aux relations sexuelles entre lycéens dans les toilettes des établissements, ou meme dans les salles de classe. Au pire l’organisation de relations sexuelles entre lesbiennes dans ces mêmes lieux. J’ai vu des étudiants se vider de leur sang au nom de ces batailles sans but entre collégiens, pour un honneur inéxistant, les soit disant “Massacres” pour une récompense sans valeur, une fierté sans mérite.

                J’ai resssenti la sévérité et la discipline sur les parties les plus charnues de mon corps, des punitions des plus potables aux plus brutales, pire des fois un retour à l’esclavage ou l’exploitation, ces choses qui font de l’école camerounaise ce qu’elle est. De nombreux tours dans le bureau du censeur, enfermé dans son armoire, ou encore à laver les toilettes du bahut, se faire fouetter avec des instruments de corrections massives, après avoir commis de graves délits, ou de minuscules entorses aux règles. Après tout, ceci permettait aux enseignants de chasser le stress.

                 J’ai connu l’échec à mainte reprise, de voir des amis avancer et rester en retrait, de voir les alliés d’aujourd’hui devenir les ennemis de demain, verser des moqueries et injures sur le soldat coincé sur le champ de bataille, retenu par une balle prise à la jambe. Mais j’ai surtout découvert le courage de me relever, ne jamais abandonner, me battre pour rattraper les autres et de continuer pour les surpasser, et enfin goûter au plaisir de la réussite.

                L’éducation camerounaise te prépare à tout, et même à l’improbable. Elle te corrige quand tu t’égares et abuse un peu quand elle en a l’occasion, elle te fait découvrir l’amour et te fait comprendre que c’est un sentiment éphèmère, te bourre la tete de connaissance avant de te lâcher dans la jungle qu’est la vie, te fait connaitre des atrocités et des énormités qui font pourtant partie de notre société. C’est une éducation particulière qu’on ne peut trouver ailleurs, ce n’est pas que la culture du cerveau, mais c’est la culture de la vie avec ses bons et ses mauvais cotés.

Alex HELL

Le calvaire de l’orientation scolaire: à qui la faute?

Technique ou général, anglais renforcé ou latin, série scientifique (C ou D) ou littéraire, universités, formations professionnelles ou concours administratifs ? Que choisir ? Tous les jeunes d’ici ou d’ailleurs se sont posés ces questions, se posent ces questions et se les poseront un jour. Faire le choix d’une filière, d’un cursus ou d’une formation professionnelle est très souvent  pour les jeunes et même pour les adultes un véritable casse tête chinois car dans ce choix se jouent les prémices de notre avenir et de notre devenir.

Si ailleurs les cellules d’orientation scolaire aident les jeunes à mieux discerner leur choix, dans notre pays, les cellules d’orientation scolaire sont  des carrières de mine d’or pour les chercheurs des matricules  et  les pourvoyeurs de matricules.

Bon c’est même quoi cette histoire d’orientation scolaire ?

Biljena Stevanovic nous explique que l’orientation scolaire c’est l’action de guider, conseiller un enfant sur le métier, la formation, le cursus ou la filière qu’il peut choisir. Ici tout va bien les objectifs de l’orientation sont clairs, guider et conseiller. Dans certains de nos lycées pour ceux qui ont eu la chance d’avoir un conseiller d’orientation les objectifs de ce métier sont bien respectés donc pas de soucis à ce niveau. Elle ajoute plus loin dans son article « orientation scolaire » que l’orientation scolaire est une affaire qui concerne : l’enfant, la famille et l’école. C’est ici que tout commence à devenir très compliqué pour les jeunes de notre pays, parce que chez nous l’orientation scolaire concerne tout le monde sauf l’enfant. Le pauvre, entre des parents qui ont misé leur dernier francs cfa et mettent tout en œuvre pour faire de lui un homme respectable et respecté, envié et craint , parallèlement faisant d’eux les Trump du village et réalisant leur gloire déchu ; et l’école (représentée par des conseillers d’orientations ou un collège d’enseignants) lâche, ne pouvant faire face à ce genre de parents ou tout simplement incompétent dans ce domaine. L’avenir et le devenir de ces jeunes sont sérieusement amoindris dès le départ.

Mais c’est quoi un conseiller d’orientation ?

Selon toutes les recherches effectuées à ce sujet, un conseiller d’orientation est aussi appelé un conseiller d’orientation scolaire psychologue. Les compétences requises sont l’écoute active, l’entretien psychologique, l’examen psychologique, la résolution des problèmes, la connaissance du marché du travail. Niveau requis : formation universitaire, minimum licence en psychologique : consternation totale pourquoi, parce que, ici dans notre pays  nos conseillers sont tout sauf des psychologues, nous avons des juristes beaucoup de juristes,  des linguistes, des économistes etc.

Mais comment devient-on conseiller d’orientation chez nous ?

Chez nous le conseiller d’orientation est une sinécure, parce que pour être conseiller d’orientation pas besoin de formation en psychologie. Toutes les licences sont admises à passer un concours d’entrée à l’école normale tres supérieure option donc conseiller d’orientation (CO), puis les candidats retenus très subjectivement, passerons deux années de formation, pendant lesquelles, ils seront appelés à voir tous les champs de la psychologie, normal voir les champs d’application de la psychologie peuvent être très utiles pour des affectations très officieuses au ministère de tutelle. Pourront –ils faire passer des tests psychotechniques aux futurs élèves et étudiants dont ils auront la charge ? Seront-ils suffisamment outillés pour aider aux mieux les enfants des comptés lointaines tres lointaines de notre pays ?ils sont fous ceux qui pensent que pour être conseillers il faut au minimum une licence en psychologie. Chez nous impossible n’est pas un Lion. Indigent enfant sa mort professionnelle est programmée et rien ne lui permettra de connaitre s’il aura une chance de réaliser ses rêves. Chut les rêves sont imaginaires, les réaliser un mythe.

Il fait même quoi ce conseiller technique pour qu’on exige de lui au minimum une licence en psychologie ?

Le conseiller d’orientation, comme nous l’avons dit plus haut, conseille et guide les élèves et les étudiants sur le choix des filières, le cursus ou la formation. Mais en plus de cela, il rencontre les enfants en difficultés scolaire et leur fait passer des tests psychotechniques destinés à cerner leurs capacités et leurs éventuelles faiblesses et les orienter en conséquence vers une filière adaptée. Il s’agit donc de mieux comprendre le profil psychologique des élèves pour mieux les aider dans leurs difficultés et  surtout il s’agit pour lui de voir si l’élève n’est pas en situation de difficultés d’apprentissage ou en situation de troubles d’apprentissage. Ici chez nous ces missions sont elles prises en compte lors de leur formation ? Comment comprendre que deux ans de formation sont susceptibles de mieux outiller les futurs conseillers d’orientation ?  Il est clair qu’avec ceci on comprend pourquoi les chasseurs de matricules préfèrent  faire autre chose qu’orienter des enfants et faire comprendre aux parents le bien fondé de la présence d’un conseiller d’orientation dans la construction du projet professionnel et surtout l’importance de prendre en compte les intérêts de l’enfant lorsqu’il s’agit de faire un choix, qui s’il est farfelue ou pris légèrement aura des conséquences dramatiques sur son devenir et son avenir

  1. Hutteau disait orienter c’est l’action de donner une direction déterminée à sa vie. Déterminé le choix d’un enfant, déterminé car avec l’aide de sa famille et de son conseiller d’orientation il s’agira de construire un projet qui s’inscrit dans le futur choix de son métier, l’orientation doit tenir compte du développement holistique de l’enfant, de son intérêt pour son projet professionnel pour mieux l’aider dans le choix qu’il aura à faire au niveau des filières , du cursus ou de la formation à suivre.

Peut-être si ce travail avait été  bien fait par des professionnels nous n’aurions pas tous ces jeunes qui semblent  perdus face à l’avenir. Un doigt accusateur est pointé et avec raison sur le système et les peu ou quasi inexistantes  de possibilités qu’il offre,  cependant réussir commence par : avoir un  projet professionnel solide, objectivement réalisable, qui peut être modifiable mais ayant un seul but à atteindre l’épanouissement holistique de l’être en devenir.

Tous les jeunes Camerounais veulent une chose ; de l’argent, ils ne savent pas comment ? En exerçant quels métiers ? Ils ne  le savent pas ou ils n’arrivent pas à bien discerner. Intervient alors les conseillers d’orientation qui jouent un rôle primordial.

Notre système éducatif à besoin de revaloriser ce métier et surtout sans peur de revoir la procédure de recrutement  de telle sorte que les jeunes aient une chance de réussir dans le choix de profession futur peu importe le choix fait.

 A vos marques prêt choisissez…

Louise Eyoum

 

Les enfants des autres…

Les enfants des autres

… sont toujours mal éduqués. Tout comme les parents des autres sont excessifs. Plus d’une fois, j’ai entendu des chuchotis sur ma rigidité envers les enfants. Pourtant, même si j’estime faire dans l’exagération, je continue de croire qu’un minimum de sévérité s’impose quand on éduque un enfant. Peu importe que cet enfant soit le vôtre ou pas. De toutes les façons, les gens parleront toujours. Surtout si, comme c’est souvent le cas en Afrique, vous êtes en charge d’un enfant qui n’est pas le vôtre.

Au fond, qu’est- ce que l’éducation ?

Il existe un nombre assez considérable de définitions, concernant l’éducation. Celle qui me parle davantage, est « l’action de développer un ensemble de connaissances et de valeurs morales, physiques, intellectuelles, scientifiques… considérées comme essentielles pour atteindre le niveau de culture souhaitée ». Cette définition soulève à mon sens plusieurs questions : le contexte social, la culture, les objectifs à atteindre… qui varient d’un parent à un autre, même au sein d’un couple. Maintenant, prenons le cas de l’enfant qui grandit chez un oncle ou une tante. Vous conviendrez avec moi que les paramètres se démultiplient. Ainsi, une éducation dite « à l’occidentale » serait inefficace aux yeux de l’Africain.

Le mythe du énième parent.

En Afrique, il est simple. Tant qu’on est permissif avec l’enfant et surtout qu’il ne s’en plaint pas, on est cité en exemple. L’enfant ne se plaint pas (car il vit dans un libertinage qui lui plaît) et on est cité en héros. Tentez d’élever la voix, a fortiori de donner la punition qui s’impose (histoire de lui faire comprendre qu’il y a des règles à ne pas outrepasser) et la société vous pointe du doigt. Le plus dur vient toujours avec cette formule sentencieuse d’un air entendu : « C’est parce que ce n’est pas son enfant ». Tout se passe comme si   face à votre progéniture, vous êtes faible, compatissant, prompt à trouver une excuse. Ce que le concerné ne vous dira jamais, c’est sa responsabilité dans l’affaire. Tout se complique davantage quand les géniteurs ne sont pas sur place.

Education occidentale : la panacée de tous ?

Je dis non. Un « non » ferme et appuyé. Mettre l’enfant au sommet de la pyramide familiale n’interdit pas qu’il apprenne les règles sociales. A ses détriments. Il est vrai que depuis peu au Cameroun, on interdit les fessées dans les écoles et même au sein des foyers. Personnellement, je ne suis pas un fan de la fessée : cela n’a fait que me rendre plus rebelle à toute forme d’autorité. D’ailleurs, à un moment donné de ma vie, j’ai carrément assimilé cela au fait que ma mère était « dépassée » … jusqu’à ce qu’elle me fasse découvrir d’autres saveurs de la punition, parmi lesquelles la privation. Cette dernière, peu importe qu’elle soit alimentaire, physique ou affective a réussi à me mettre au pas.  Alors imaginez le délicieux frisson quand, après avoir commis une gaffe, j’ai dû attendre la fessée qui ne venait pas… Sur le coup, je me suis dit : « Monsieur, on te déteste ! », jusqu’au jour où j’ai compris que le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais plutôt l’indifférence.

Alors, punitions ou fessées ?

Je me suis posé la question plusieurs fois depuis que moi aussi je suis devenu parent. Parent d’un enfant dont la mère se trouve en Europe. Cette situation a du piquant car mon neveu me sait rigoureux mais il y a cette espèce de laisser- aller qui me porte sur les nerfs. Vous savez, trois fois rien : le désordre, la saleté, toucher le mur, les horaires de retour à la maison, la vaisselle sale qui traine dans l’évier, le niveau scolaire… A priori, m’entendre crier dans la maison porte à croire qu’il est le diable en personne. Mais non. Il est poli, respectueux, poli, quoique paresseux et bourrelé de préjugés que je ne m’explique pas. J’ai opté pour la communication, la restriction de la liberté (qu’il chérit tant), interdit l’accès à la télévision et je contrôle moi-même ce qu’il fait en cours, entre autres. Je ne peux le fouetter pour la raison majeure qu’en fait, c’est un gaillard et je ne suis pas fort, loin de là. A cette raison, il faut ajouter que je ne suis pas un partisan de la fessée. Enfin, je tiens à garder des relations cordiales avec ma cousine, sa mère.

Se retrouver dans la peau de celui qui éduque est un service militaire. Former et modeler une belle personne est un challenge permanent. Ce défi exige que l’on cesse de culpabiliser sur les méthodes employées parfois. La fessée ne doit pas être la réponse systématique à toute incartade. Au mieux on formerait un asocial, au pire, on aurait un délinquant à temps plein. Il en va de même pour les punitions. Cessez l’auto-flagellation à chaque mesure prise et punissez à la juste mesure. Il y aura toujours des regards de travers, je vous l’ai dit. En cas de doute, partagez vos expériences à la suite ce billet. En parler aide aussi.

Christian M.

I SPEAK, THEREFORE I AM

Today I dare! I spent quite a while thinking about my first article in english and I concluded I wouldn’t be able to do it. Why? English hasn’t always been my main language of instruction and english lessons only represented about 10% of everything I used t learn in school. So I am not that fluent in English.

People say I’m cameroonian, correct….Cameroon is bilingual, correct…. So what? Does that make me a bilingual indiviual? It always makes me think about this Cameroonian’s expression: « Cameroon is a bilingual country but cameroonians aren’t ».

In a bilingual country where the government is trying to integrate both French and English in schools’ programs, it seems evident that one language will be more taught than the other depending on your educational section (Francophone or Anglophone). There’s a little similarity between Pareto’s law of 80/20 and our educational system (which is normal); 80% of the classes in the Francophone section will be in french and the rest in english, and vice versa.

The most :

French-speaker or English-speaker, it’s always good to have some notions of the second national language.

Not so positive at all :

What bothers me in our system, is the emphasis put on theories and the lack of applications of these theories. I noticed that our teachers (professors) mostly focus on reading, vocabulary, text comprehension, (it was difficult for me, trust me and at that time I didn’t know google translate).

For me, people have to go beyond school instruction, theories and put themselves in situation where they will compulsory speak. With time, journeys in English-speaking countries, reading books only in English (with a dictionary), watching movies in English (without substitles),I’ve learned even more than what I’ve learned in school. Of course I’m not fluent at all but I’m working on it.

What i’m talking about :

In every step of our education, we’ll have to do at least one lesson in english/french. Teachers give us foundations (I think they can do better with the speaking part) but at some point, we have to make some efforts to be more confident and talk in English (I think English speakers make more efforts to talk in French ). The more you talk, the more you learn and the more you open your mind to world….then dare ! TALK !

Christiane T.

L’apport du numérique dans l’éducation

L’éducation est un domaine de la vie qui a subi des mutations diverses grâce au numérique, qui révolutionne avantageusement le modèle de l’école traditionnelle dans le monde en général et au Cameroun en particulier. En effet, l’école et l’enseignant ne sont plus que l’une des nombreuses sources des savoirs disponibles pour les élèves. Ces derniers , qui disposent quasiment tous d’une connexion à internet , peuvent rechercher de l’information en continu via les encyclopédies libres , mais aussi communiquer via les réseaux sociaux. Parce que la collecte de ces données pourrait également permettre la détection des difficultés d’apprentissage dès les petites classes. Favoriser l’autonomie et la créativité c’est-à-dire s’adapter à un monde en évolution constante, en encourageant l’autonomie et l’expérimentation de chaque élève notamment (Learning by doing). Le numérique m’a beaucoup apporté en ce qui concerne mes recherches académiques dans mes années licences surtout le volet Learning. J’ai pu par là, améliorer plusieurs cours et corriger plusieurs zones d’ombre et lors de mes devoirs de maison qui entre dans le volet doing, j’en avais besoin pour envoyer les dits devoirs à l’enseignant.
Depuis ses origines, la mission première de l’école de la république est de former des citoyens, de permettre aux enfants de devenir des adultes responsables, autonomes et capables de s’insérer dans une communauté économique. Cette mission est au cœur de l’identité du corps professoral comme des politiques publiques nationales et locales. Le numérique a, au cours des quinze dernières années, transformé en profondeur nos pratiques, nos organisations et finalement notre manière d’apprendre et de penser au-delà de la simple maitrise des outils, cette évolution irrésistible soumet la société. L’entrée du numérique dans l’éducation, à l’école comme à la maison est structurante comme elle l’est dans tous les domaines de la société et de l’économie. J’ai pu par exemple grâce au numérique m’offrir un spray chez un ami qui exposait des parfums sur WhatsApp. Par ailleurs j’ai pu créer un porte – monnaie électronique à travers lequel j’effectue mes retraits et envois.
Avec l’informatique et internet, les enfants ont désormais la possibilité d’apprendre via d’autres canaux que la seule école ou les parents. Ce qui a permis la création des tablettes éducatives qui permet aux enfants d’apprendre de façon individuelle tous en se divertissant. L’institution doit s’efforcer de faire sienne cette évolution, afin de toujours servir au mieux les missions et les valeurs de l’école républicaine. Par ailleurs l’école doit de se fait s’adapter aux bouleversements numériques sous peine de perdre sa pertinence. Mais introduire le numérique à l’école ce n’est pas renforcer les moyens existant avec d’autres moyens.

Le numérique permet d’individualiser l’enseignement c’est-à-dire un enseignement, fondé sur une adaptation immédiate de l’enseignement aux progrès comme aux difficultés de chaque élève, l’utilisation du Big Data pour améliorer les performances du système éducatif par l’évaluation continue des acquis des élèves et des difficultés qu’ils rencontrent constitue un enjeu majeur de pilotage pour les politiques éducatives.
Il ne s’agit pas de remplacer le tableau par la projection de diapositives ou de ne voir dans le manuel numérique qu’un moyen d’alléger le cartable. Mais la pénétration du numérique à l’école n’est pas une fin en soi parce que le numérique a pour vocation d’y amener de nouvelles possibilités à même d’améliorer les méthodes pédagogiques ; mais aussi de nouvelles logiques plus en phase avec le monde d’aujourd’hui.
Il ne faut donc pas simplement numériser les méthodes et organisations habituelles mais en concevoir de nouvelles. Les technologies de la communication, les réseaux sociaux, le multimédia, les outils de visualisation de simulation et de modélisation, sont autant de moyens qui, bien appropriés par les enseignants, peuvent enrichir les processus pédagogiques, permettre de nouveaux modes d’apprentissage. Le numérique porte un potentiel de gains et de démultiplication des moyens d’action, qui n’a aucune raison d’être moins pertinent à l’école qu’il l’est à la maison, dans l’entreprise ou dans les autres institutions.
Il s’agit donc avec le numérique, de remettre l’école au centre d’une société précisément numérique, à la fois parce que l’apprentissage de cette activité compense et sert les missions de l’école, et parce que l’école elle-même doit pouvoir exploiter son potentiel. Le numérique représente un enjeu majeur pour l’égalité des chances pour le système éducatif, intégrer pleinement le numérique dans l’école, c’est donc aussi améliorer les conditions de travail des professeurs et des élèves, et professionnaliser le fonctionnement des établissements et de l’institution tout entière.
MARKYSE NYA

L’environnement éducatif au Cameroun

Que l’on soit en train de dormir, de cuisiner ou d’étudier, l’environnement est important. Il influence aussi bien le déroulement que le rendement de l’activité. Nos chambres, cuisines, salles de bains et autres doivent donc remplir certains critères : spaciosité, propreté, luminosité, aérabilité, ordre et ambiance chaleureuse sont attendus. Un individu va à l’école pendant au moins vingt ans de sa vie (on exclut – et je m’en excuse- les génies qui mettent beaucoup moins de temps sur les bancs). On s’attend donc à évoluer dans un environnement sain et agréable.
Le Cameroun a encore beaucoup de travail en la matière, au public comme au privé, même s’il faut avouer que les établissements privés essayent ces dernières années de faire la différence. En général, les bâtiments donnent à peine envie d’y entrer : la peinture n’a pas été refaite depuis des années et la moisissure se voit sur les façades. On voit bien que les vitres n’ont pas été nettoyées depuis belle lurette, si jamais elles existent. Certains établissements sont inaccessibles après le passage de la pluie. Tant pis pour toi si ta salle de classe est à côté des toilettes ; même dans ton sommeil, l’odeur va te trouver. Je me souviens de ce jour où mes camarades et moi avions dû quitter le bâtiment dans lequel nous faisions cours à l’université, à cause de l’odeur nauséabonde des toilettes qui avait envahi notre niveau. Et comme par hasard, notre classe était juste en face, donc…
Maintenant, imaginons que tu es au point le plus chaud du pays et on trouve quand-même le moyen de vous faire asseoir trois par banc. Dès le mois de mars, tu n’as plus envie d’aller à l’école (ceux qui connaissent la chaleur qui règne au Nord et à l’Extrême-Nord à partir de ce mois comprendront). Ajoutons à ça une salle de classe où la seule aération est un claustra… les gens qui ont survécu à ça méritent des applaudissements. Et après, on veut que les enfants soient concentrés. Sérieusement ? On ne veut pas qu’ils se plaignent. Bien sûr qu’ils vont le faire, et ça ne fera qu’augmenter la température de la classe. Et avec ça, on s’attend à ce que les enseignants fassent bien leur travail ; ce sont des robots ? Des extraterrestres ?
Il y a aussi ces enseignants qui, même dans les meilleures conditions, font de leur mieux pour être exécrables. Quand tu dis à un enfant : « avec ta bouche comme l’ouvre-bière », dis-moi un peu, c’est pour qu’il réussisse ? Ce n’est pas en disant à un enfant qu’il est bête qu’on le rend intelligent. « Toi qui es comme le singe là-bas, réponds à la question ! ». C’est en devenant l’ennemi de ton élève que tu vas bien le former ? Sans compter ceux qui pensent que l’école c’est le piège. Quatre-vingt pourcent de ta classe n’a pas la moyenne à un contrôle, tu ne te remets pas en question. Tu débarques en classe, tu commences seulement à écrire le cours au tableau ; attends un peu, on écrit quoi ? On comprend quoi là-dedans ? Ton interrogation n’a rien à voir avec ce que tu as enseigné ; la première note c’est 8.5/20, et tu es content. Tu mets la clim en classe au point où les enfants ont le nez qui coule ; ils sont venus se former ou tomber malade ? L’emploi de temps prévoit trois heures de cours pour trente petites minutes de pause que l’enseignant grignote pour atteindre ses objectifs.
Parfois, l’école n’a même pas de murs, encore moins un toit. C’est à même le sol que les élèves font cours. L’enseignant ou le directeur de cette école, si ce n’est pas la même personne, n’a qu’à se débrouiller pour trouver de quoi écrire et surtout sur quoi écrire.
Sinon, il y a aussi ces établissements modernes où tout est axé sur la réussite des élèves. Salles de classe bien aérées, bien éclairées, accessibles en toutes circonstances ; toilettes propres, le genre qui vous donnent envie d’y aller sans raison ; effectif permettant à l’enseignant de répondre aux attentes de tous et de chacun ; enseignants attentionnés, respectueux et accessibles par les parents, étant à même d’évoquer avec ces derniers les difficultés propres à leur(s) enfant(s), ce qui suppose un bon suivi de chaque élève. Dans de tels établissements, les activités de développement du capital humain ne manquent pas : excursions, musique, danse, peinture, sport (en dehors du cours de sport) sont au rendez-vous. Les apprenants sont encouragés à la créativité. Le cadre est accueillant et sécurisé. Des pauses sont aménagées entre les différentes périodes de cours, lesquelles ne sont pas trop longues afin que le manque de concentration et le sommeil ne soient pas au rendez-vous.
C’est ce qu’on désire tous : un environnement éducationnel qui met l’élève au centre des préoccupations, un cadre où tout son être est à même de s’épanouir, des écoles qui produisent une société stable, des personnes respectueuses, agréables et responsables, des leaders. Certains penseront que cette phrase n’a rien à voir avec le sujet, mais le problème de beaucoup d’entre nous aujourd’hui est le cadre dans lequel nous avons été éduqués, où on ne nous a pas appris à respecter la chose d’autrui, où on ne nous a pas montré que le respect est mutuel, où on se faisait taper dessus parfois à tort. N’oublions jamais que s’il n’y avait pas des personnes à former, il n’y aurait pas d’enseignant, encore moins des institutions dédiées à cette tâche.
Cyrielle.

« Le prof camerounais aime-t-il la matière qu’il enseigne ? »

Je me suis déjà posé cette question à plusieurs reprises. Pour quelle raison ? Eh bien parce que moi aussi j’aurais pu être prof de géographie, filière dans laquelle j’avais passé le concours de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé. Je n’avais (malheureusement ?) pas réussi à ce concours.
Je me demande souvent si j’aurais fait un bon prof, un « grand prof » comme disent souvent les élèves. Je ne pense pas. Avec du recul, je me suis rendu compte que le métier d’enseignant est un métier qui doit être fait par vocation, on doit le faire parce qu’on aime ce métier, parce qu’on aime enseigner, parce qu’on aime la matière (ou les matières) qu’on enseigne.
J’avais un prof au lycée, en classe de 3e, il nous donnait cours d’histoire et géographie, Monsieur ZEBAZE Maurice. Je me souviens très bien de son nom complet parce qu’il m’a marqué, je me souviens aussi de ses traits de visage, d’ailleurs je l’ai revu l’année dernière en 2016. Ce « grand prof » m’a fait aimé la géographie, il expliquait très bien ses cours, il était toujours bien sapé (comme jamais). Il nous avait expliqué une fois pendant un cours qu’en fait, la même année où il avait présenté le concours de l’Ecole Normale, il avait aussi présenté le concours de l’ENAM (Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature), ayant été admis aux deux concours, il avait choisi d’enseigner, parce qu’il aimait cela depuis son adolescence. Ce genre de prof qui vous donne envie de lire son cours, d’être toujours présent en classe, d’avoir envie de devenir comme lui plus tard, parce qu’il a cette vocation.
Parlons donc de la vocation, où est-elle ? Eh bien, elle est dans nos cœurs. Malheureusement, au Cameroun depuis quelques années voire décennies, on ne fait pas toujours ce qu’on aime ou ce qu’on aurait voulu faire comme métier. Pour le cas de l’enseignement, je dirai que certains profs ne le sont pas aujourd’hui parce qu’ils aiment ce métier. Il suffit de quelques « jongleries » pour qu’on se retrouve à l’Ecole Normale. A la recherche du matricule, le sésame qui donne l’accès à un salaire régulier et suffisant pour s’en sortir dans ce pays où ce n’est pas toujours facile. Matricule oui, mais à quel prix ?
Parlons donc du prix, où est-il ? Eh bien, il est au niveau des élèves. Ces pauvres élèves qui subissent dans les salles de classe la « punition » de recevoir un cours par un prof qui n’aime pas ce métier ou qui ne le fait pas avec passion. Résultat, les élèves sont absents au cours dudit enseignant, bavardent en plein cours et n’apprennent pas les leçons de ce dernier, tout simplement parce qu’ils n’aiment pas le prof, et qui dit prof dit la matière dispensée par ce prof. C’est ainsi que les élèves ne se retrouvent pas avec un bon niveau et après, lors des examens officiels, les délibérations vont descendre jusqu’à 8,50 voir 8 de moyenne pour l’admission des candidats. La conséquence se répercute au fil des années, sur le niveau réel de certains élèves devenus étudiants ou travailleurs. Quelle est la solution ? Parlons-en.
En ce qui concerne l’enseignement, évitons de jouer avec ce domaine, il est crucial si nous voulons avoir une jeunesse bien formé et digne de relever les différents défis qui attendent cette nation. Donnons à César ce qui appartient à César, et ne laissons plus nos enfants se faire former par des personnes qui n’ont pas cette vocation ou cette envie de devenir « grand prof ». A tous mes amis et connaissances qui sont prof, sachez que je ne vous mélange pas dans cette « sauce » mais nous savons tous très bien de qui on parle.
Sauvons notre enseignement, sauvons notre avenir, sauvons notre pays.

TDK

L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE AU CAMEROUN

L’éducation nationale a toujours été à l’origine de nombreux débats enflammés et passionnés. En effet, «dis-moi comment tu éduques ta jeunesse, je te dirai quels citoyens ils deviendront demain». Le mois d’août est pratiquement «réservé» à cette thématique ; il faut dire qu’entre les pourcentages de réussite aux examens nationaux en baisse régulière, la responsabilité des échecs scolaires du triangle élèves-parents-enseignants, la remise sur la sellette des contenus des programmes éducatifs, la supposée «médiocrité» des enseignants, et l’imminente rentrée scolaire, il y a du grain à moudre. Les programmes scolaires enseignés au secondaire ont montré leurs limites. Sont-ils en adéquation avec nos ambitions d’émergence ? Quels citoyens voulons-nous pour le Cameroun de demain ? L’orientation des élèves est-elle en réelle adéquation avec leurs aptitudes (innées ou acquises) ? Tant de questions.
La qualité de l’éducation et l’équité à son accès sont problématiques. La surenchère de l’enseignement secondaire a atteint son paroxysme. Les établissements scolaires sont devenus l’apanage des «businessmen» camerounais ; des frais de scolarités parfois indécents. A croire que frais élevés = éducation de qualité. Une pensée profonde pour nos lycées camerounais, qui étaient des références nationales en matière d’enseignement.
L’orientation au secondaire reste un mythe. Comment se passe-t-elle concrètement ? Nombreux sont ces élèves que j’ai rencontré qui se retrouvent dans une série dite «scientifique», mais rêvant d’un baccalauréat littéraire par exemple. Tant de facteurs entrent en jeu : premièrement les parents, dont ces enfants sont le reflet de leurs ambitions et rêves (futurs ou présents) propres. Deuxièmement les préjugés inter-sexe qui perdurent malgré tout : «C’est une série de fille toi aussi. Industrie Textile et Habillement ?». Elles paraissent très naturelles, mais sont symptomatiques de ces clichés. Troisièmement, des conseillers d’orientation (sans passion), qui se limitent malheureusement à des bulletins scolaires trimestriels. Au final nous avons des élèves qui se sentent incompris et ballotés au gré de forces supérieures à leurs petites personnes.
La seule certitude à ce niveau est la suivante : le niveau de nos élèves est en constante décroissance. Nonobstant les séries de colloques relatifs à la qualité du système éducatif et les arguments des partisans de ce système oppressant qui ne laisse (presque) aucune chance. Le baccalauréat, diplôme d’entrée au supérieur, est devenu un titre sans valeur. On se retrouve avec des étudiants incapables de remplir correctement une fiche de renseignements. Cet échec général n’est que la continuité de celui de l’éducation de base.
Mais comment en est-on arrivés là ? La faute aux élèves ? Paresseux, désintéressés, occupés ailleurs. Et les parents ? Ils ont confié l’éducation de leurs enfants à l’école. Les enseignants ? Surtout motivés par la perspective du matricule, avec une durée entre la sortie de l’école et le premier salaire décourageante, qui à leur tour rejettent la faute sur le «système». Toute la chaine a démissionné.
Il est temps de repenser à ce métier à la «camerounaise». Une méthodologie élèves – études adaptée. L’orientation scolaire est l’activité la plus partagée par la «communauté éducative» ; ils s’improvisent tous experts, une confusion de rôles impressionnante. Il est urgent de mettre sur pied de vraies méthodes : un engagement politique sur le long terme clairement établi ; des moyens et techniques d’action ; des ressources humaines, matérielles et financières suffisantes. Le conseiller d’orientation doit reprendre sa place d’expert de l’orientation.
La jeunesse camerounaise doit être davantage prise en main ; impossible de bâtir le futur d’un Etat sans elle. N’étant pas prête à se prendre en charge, l’orientation scolaire jouera un rôle capital dans le dévoilement des compétences qui serviront demain, surtout dans une perspective d’émergence dans une vingtaine d’années. Compétences qui doivent être révélées, développées, optimisées et utilisées à bon escient. Il est temps que l’Etat reprenne ce rôle qu’il a progressivement abandonné, certainement dépassé par l’ampleur de la tâche à accomplir. Tout en espérant qu’il ne soit pas trop tard pour rectifier le tir.
MEL

Les oubliés d’un système éducatif : Ça craint…

Mister DCY « Fabrice » m’a collé la lourde responsabilité de parler d’éducation (moi qui ne suis même pas encore enseignante, eh ah !). J’ai tout de suite songé au primaire. Oui ! Parce que quand je me retourne, je constate que j’y suis passée depuis bientôt vingt-ans. Et que c’était sans doute une des plus belles périodes de ma vie et de mon apprentissage scolaire. Et j’ai un peu, non beaucoup, de mal à reconnaître la génération derrière moi.
Je parle de cette génération qui court dans les rues aujourd’hui, les petites mains chargées d’un téléphone à deux puces pour les moins ambitieux ou d’un smartphone dernier cri pour les plus nantis. Et je m’interroge. Sur plusieurs aspects. Peut-être c’est moi le problème. Ou alors c’est eux. Ou alors c’est vraiment moi qui ne capte pas bien l’époque dans laquelle je vis. (Certains disent que c’est la génération Z et qu’avec eux, tout va un peu plus vite). Cela peut être vrai, dans le bon sens ou l’exacerbation des travers. Je m’explique.

L’apprentissage par la télé et les divers
Depuis bientôt cinq ans, j’ai élu domicile dans une baraque à deux pas d’une école publique à Yaoundé. C’est un véritable laboratoire d’observation, d’analyse et de philosophie pour qui veut trop bien comprendre. L’enchaînement de « Je la vue », « Je la dis que », « Donne-la » et de « Demande-le » que j’entends des conversations de locataires de cet établissement m’inquiète. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Les parents ne veillent-ils plus ? Les instituteurs regrettent-ils trop leurs choix ? Auraient-ils aimé être ailleurs ? Etait-ce trop dur pour eux mais ils ont quand même entendu ou lu leurs noms sur la liste des lauréats ? Je m’interroge.
Parce que cette vague est problématique. Et il ne s’agit pas seulement des trouvailles langagières que ces jeunes débitent. Il s’agit aussi de leurs sujets de conversation. Je ne suis pas du genre à estimer que c’était mieux avant. Non du tout. Mais quand je regarde et j’écoute nos cadets, nos enfants, ça craint. De ce qu’ils croient être, de ce qu’ils espèrent valoir et de ce qu’ils vont devenir. Et j’envie un peu mon époque.
Parce qu’au moment où les fillettes s’attribuent déjà des personnages de « télénovélas » qu’elles subissent sans doute à longueur d’après-midi et de soirée dans leurs cocons familiaux ou par les divers de leurs maîtresses plus que maîtres d’école- il y en a de moins en moins d’ailleurs, sans statistiques aucune hein, je ne me base que sur l’observation du laboratoire à 30 mètres de moi) dans les salles de classe, ça craint. Elles discutent davantage de la « trahison » de Ruby (oui oui ! des mots aussi costauds, ça se dit déjà au primaire), du « matérialisme » de Térésa ou de la naïveté de Luciana, ça craint.

Où sont passés les bâtonnets ?
Je me souviens qu’à l’époque (milieu des années 90), la télévision exerçait encore sa phase de fascination sur le public camerounais et que les téléfilms, feuilletons, sitcom ou autres télénovelas étaient davantage diffusés à des heures tardives et qu’il serait difficile pour l’élève de CE2 ou de CM1 que j’étais d’en apercevoir un bout ou d’interpréter les attitudes des personnages. Là au moins, je peux me vanter d’une époque où on savait réciter ses règles de calcul, d’arithmétique ou tout de moins de grammaire ou d’orthographe. Aujourd’hui, je cherche cette passion chez certains (pour ne pas dire la plupart). Sans succès.
Epoque des bâtonnets. Oui. C’est maigres, colorés mais ô combien formateurs bâtonnets. Ils nous ont appris des astuces pour le calcul, à mettre de la logique dans notre réflexion, à visualiser et matérialiser les idées. Car oui, imaginer huit bâtonnets sur une table et cherche les deux autres dans la salle demandait un peu de bon sens. Les bâtonnets nous l’ont appris.
Epoque des règles de calcul retenues à coup de quelques récitations, de quelques exemples alimentaires sur les beignets, les tomates ou les oranges, de quelque envie de s’émerveiller de tout et de craindre l’interdit venu de l’adulte. Car oui, j’ai aimé mon enfance. Elle reste jusqu’ici la plus belle période de ma vie. Celle de l’insouciance. Celle du regard bienveillant des parents sur les dessins incompréhensibles (et pour dire vrai, loin des résultats espérés). Celles des maîtres et des maîtresses craints mais tout aussi attentifs aux besoins réels de chaque élève. De chacun de mes camarades et moi. C’était la belle époque.

Le bateau ivre de la dérive
La génération depuis les années 2000 arrive-t-elle à vivre cela ? J’ai des doutes. Encore plus au regard du profil de leurs formateurs aujourd’hui. Tous n’ont pas nécessairement séjourné dans des institutions de formation agréées par l’Etat. Pour la plupart, baptisés pour un temporaire devenu définitif « vacataires ». Nantis de leur probatoire après quatre ou cinq tentatives d’un baccalauréat, ou encore d’une licence en lettres modernes françaises, ils se voient confier la lourde responsabilité d’enseigner à la fois l’écriture, le calcul, la grammaire et l’orthographe, et pour les plus vaillants, l’arithmétique ou la géométrie en classe de cours moyen première ou deuxième année. C’est sont eux qui définissent et donnent un sens à l’instruction des tout-petits, les oubliés de notre système éducatif.
Je ne suis pas donneuse de leçons, je le rappelle. Simplement, je n’ai pas réussi à rédiger de conclusion pour faire la morale, surtout que c’est sans doute le meilleur moyen de ne pas se faire écouter. Rappelons-nous (et cela nous concerne tous) que la base détermine ce que nous deviendrons et que certaines lacunes seront un peu difficiles, mais pas impossibles à rattraper. A condition d’avoir pris conscience de ce nous sommes dans le faux. Conscience de ce que l’éducation primaire a résolument embarqué le bateau ivre de la dérive. Et que nous pouvons tous l’arrêter.
Au final, je devrais peut-être changer de domicile. A cette allure, je risque d’avoir peur de tout et surtout de ne pouvoir faire confiance aux cadets dans quelques années. Mais puisque la nature fait bien les choses, je crois que l’équilibre naturel reviendra. Enfin, je l’espère. Le Pape Jean-Paul II avait dit « N’ayez pas peur » ! Je me contente de sa recommandation pour dormir tranquille et espérer que ce que j’ai raconté dans les lignes ci-dessus n’est qu’un cauchemar passager.

Alexandra Tchuileu
#ParolesDuneWestern
#TeamVelo